MPR et COVID 1


Le 15/10/2021 de 11:00 à 12:30


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CO071

COVID-19 et troubles cognitifs : effet de l'hypoxie

Thibaut Dondaine (Lille, France), Florine Ruthman (Lille, France), Fanny Vuotto (Lille, France), Louise Carton (Lille, France), Karine Faure (Lille, France), Dominique Deplanque (Lille, France), Régis Bordet (Lille, France)

Objectif : La COVID 19 induite par le SARS-CoV-2 amène des symptômes bien identifiés dans sa phase aigue comme la fièvre, la toux ou une dyspnée pouvant amener une détresse respiratoire aigue. Au delà des pneumopathies, des manifestations neurologiques ont été observées chez au moins 73 % des patients hospitalisés incluant principalement des céphalées, des myalgies et des altérations de la conscience (Maury et al., 2020). La présence de troubles cognitifs a également été décrite. Une première étude de Zhou et al. (2020) a montré sur un groupe de 29 patients une atteinte des fonctions attentionnelles de patients. Jaywant et al. (2021) ont montré que 81% des patients avec une forme sévère de la COVID 19 présente des troubles cognitifs. Woo et al. (2020) ont montré une atteinte des fonctions attentionnelles et mnésiques chez des patients jeunes à distance d’une Covid 19 légère à modérée. Almeria et al. (2020) ont montré une atteinte cognitive peu importante pour 35 patients atteints de différents degrés de sévérité de la COVID 19. Les patients ayant reçu une oxygénothérapie avaient des troubles plus sévères pour les fonctions attentionnelles, mnésiques et éxecutives. Ces résultats suggèrent un effet de l’hypoxie induite par la pneumopathie sur la sévérité des troubles cognitifs observés chez les patients COVID-19. L’hypoxie est bien connue pour amener une souffrance cérébrale induisant à terme des troubles cognitifs. Les mécanismes physiopathologiques sont encore mal compris mais une neuroinflammation peut être considérée comme la source des troubles cognitifs. L’objectif de cette étude est d’étudier les troubles cognitifs à long-terme chez les deux groupes de patients COVID-19 selon leur degré de sévérité.

Matériel/Patients et méthodes : Cinquante et un patients ont été évalués en moyenne 130 jours après le J1  de l’infection par le SARS-CoV2. Le diagnostic de COVID 19 est confirmé par un test PCR et/ou une sérologie. Les patients ont été repartis dans deux groupes suivant la sévérité de la COVID-19. La présence ou l’absence d’une pneumopathie oxygénoréquérante avec une hospitalisation constitue un critère pour la  classification de la sévérité de la COVID-19. Les patients ont bénéficié d’un bilan neuropsychologique complet comprenant une évaluation psychocomportementale (échelle de fatigue, d’anxiété, de dépression et de somnolence) ainsi qu’une évaluation des fonctions attentionnelles, mnésiques, exécutives et émotionnelles. La durée du bilan était de 90 minutes. Un bilan biologique standard contemporain au bilan neuropsychologique a été effectué.
La détection des troubles cognitifs a été effectuée grâce à une conversion des notes brutes des tests en note standard T sur la base des normes publiées.

Un test t de Student a été utlisé pour comparer les scores des échelles et des tests des deux groupes de patients.

Résultats : Globalement, 64% des patients ont présenté un trouble mnésiques, 48% un trouble attentionnel et 23% un trouble exécutif. Sur le plan psycho-comportemental, 96% des patients étaient fatigués, 51% déprimés, 63% anxieux et 55% somnolents.
Les patients plus sévèrement atteints avec une pneumopathie oxygénoréquérante ont montré plus de trouble de mémoire épisodique (test du RL/RI 16 items), des fonctions exécutives (TMT B-A) et de la vitesse de traitement (test du code). Aucune corrélation n’a été observée entre ces troubles et les scores aux échelles de dépression, d’anxiété, de fatigue et de somnolence.

Discussion - Conclusion : Les troubles cognitifs dans le cadre d’une infection au SARS-CoV 2 sont fréquents, posant la question des mécanismes physiopathologiques des atteintes du cerveau. Les patients plus sévèrement atteints ont un trouble plus marqué pour les fonctions mnésiques, exécutives et attentionnelles amenant l’hypothèse d’une atteinte cérébrale plus importante consécutive à l’hypoxie. Ces premières données devraient être complétées par une exploration plus poussée des atteintes cérébrales grâce à l’IRM. La sévérité de la maladie, notamment l'hypoxie qui peut être observée en cas de pneumopathie à SARS-CoV 2 doit pris en considération dans les accompagnements des patients atteints de COVID 19.

Mots clés : Cognition
Hypoxie

SARS-CoV 2

COVID-19

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